Depuis la première description scientifique du daltonisme par John Dalton en 1807, plusieurs méthodes ont été développées pour le détecter et en mesurer la sévérité. Voici les principales, avec leurs avantages et leurs limites.
Le test d’Ishihara
Créé en 1917 par l’ophtalmologue japonais Shinobu Ishihara, ce test reste le plus utilisé au monde. Il se compose de 38 planches circulaires, chacune formée de points colorés de tailles et luminosités variées. Sur chaque planche, des points d’une couleur forment un chiffre ou un chemin, visible uniquement par les personnes à vision normale — ou uniquement par les daltoniens.

Avantages : rapide, peu coûteux, facilement administrable, excellente détection des daltonismes rouge-vert.
Limites : ne détecte pas les déficiences du cône bleu (tritanopie, tritanomalie), ne mesure pas le degré de sévérité.
Une variante plus précise existe : l’Atlas Explorateur de la Perception des Couleurs, qui couvre les déficiences tritan et offre une meilleure granularité dans les résultats.
Le test de Farnsworth-Munsell
Développé en 1943, ce test demande au sujet de ranger des plaquettes de couleurs dans l’ordre des nuances, du plus clair au plus foncé ou dans une progression de teinte. Il existe en version 100 teintes (très précis) et en version 15 ou 28 teintes (plus rapide).

Le sujet est placé devant une suite de couleurs dont la première et la dernière sont fixes ; il doit ranger les plaquettes intermédiaires dans un ordre de teinte continu. Trois exemples de courbes de résultats possibles :

Avantages : permet de mesurer le degré de dyschromatopsie, pas seulement de la détecter. Utile pour le suivi dans le temps.
Limites : fastidieux à administrer, résultats sensibles aux conditions d’éclairage, interprétation parfois délicate.
La lanterne de Beyne
Test français utilisé principalement dans les secteurs de l’aviation et de la marine marchande. Il présente successivement cinq couleurs pendant une seconde chacune, dans des conditions de luminosité contrôlées.
L’objectif est d’évaluer si un candidat peut reconnaître les signaux lumineux utilisés en navigation. Le test est plus orienté vers l’aptitude professionnelle que vers le diagnostic clinique.
Avantages : évalue une compétence concrète et contextualisée.
Limites : les conditions d’éclairage lors du test influencent fortement les résultats.
L’anomaloscope
Inventé au début du XX° siècle, l’anomaloscope est l’instrument le plus précis pour mesurer le daltonisme rouge-vert. Il présente deux demi-champs lumineux : l’un fixe (jaune pur), l’autre que le sujet peut ajuster en mélangeant du rouge et du vert. Le sujet doit faire correspondre les deux.
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Selon la plage de réglages qu’il accepte comme « identiques », on peut déterminer avec précision s’il est protanope, deutéranope, protanormal ou deutéranormal, et à quel degré.

Avantages : diagnostic très précis, résultats quantifiables.
Limites : équipement coûteux et rare, réservé aux spécialistes.
Le City University Colour Vision Test
Test pratique utilisant des cercles de couleur entourés d’autres teintes. Le sujet doit identifier laquelle des teintes environnantes est la plus proche de la couleur centrale.

Avantages : détecte tous les types de daltonisme, y compris les déficiences tritan.
Limites : coûteux en version clinique certifiée.
Quelle méthode choisir ?
Pour un premier dépistage, le test d’Ishihara suffit dans la majorité des cas — il détecte les formes les plus courantes rapidement et à moindre coût. Pour un diagnostic complet ou une évaluation d’aptitude professionnelle, l’anomaloscope ou le Farnsworth-Munsell apportent la précision nécessaire.
Si vous soupçonnez un daltonisme, commencez par consulter un ophtalmologue : il dispose des outils adaptés et saura orienter vers le bon test selon votre situation.