L’école met régulièrement les daltoniens face à une difficulté concrète : colorier avec la « bonne » couleur. Remplir une carte avec les bonnes teintes, utiliser le bon stylo, choisir le bon crayon — des tâches simples pour la plupart des élèves, mais qui peuvent devenir un vrai casse-tête sans quelques adaptations.
Identifier ses crayons
Feutres
Beaucoup de feutres modernes ont le nom de la couleur imprimé sur leur tranche. Si c’est le cas, le problème est en partie résolu : il suffit de lire l’étiquette plutôt que de juger la teinte du capuchon.

Si les feutres ne sont pas étiquetés, la solution la plus simple est de les étiqueter soi-même — avec un marqueur noir ou une étiquette autocollante. Un peu de temps investi une fois, et le problème ne se pose plus.

Crayons de couleur
Les crayons sont plus délicats : la mine est souvent la seule indication de couleur, et distinguer rouge, marron, violet ou vert à l’œil nu peut être impossible selon le type de daltonisme.
Une technique développée avec mon institutrice de primaire, que j’ai utilisée pendant plus de quinze ans d’études : gratter légèrement la tranche du crayon (ou la base) avec un cutter, et y écrire le nom de la couleur avec un stylo à bille.

Rapide, durable, et efficace. Quelques-uns de mes vieux crayons retrouvés, avec les noms écrits à la main :

Stylos bille
Pour les stylos à plusieurs couleurs (rouge, bleu, vert, noir dans un même corps), la difficulté est de distinguer les touches au sommet. Si le modèle est remplaçable, utiliser deux stylos différents (un pour le rouge, un pour le vert) évite l’ambiguïté. Sinon, marquer chaque touche avec un code (point noir, barre, etc.) règle le problème.
Recopier une couleur imposée
Quand l’exercice demande d’utiliser une couleur précise (« colorier les pays de l’UE en bleu »), l’application Chromaglass est particulièrement utile. Pointée vers la couleur de référence, elle indique le nom de la teinte — il suffit alors de chercher le crayon correspondant parmi ceux étiquetés.

La fonction « findcolor » permet de cibler une couleur précise : les objets de cette teinte clignotent dans le viseur de la caméra.

D’autres applications similaires existent (Color Blind Pal, RGSee) selon les préférences.
Cas pratique : les cartes de géographie au bac
Le baccalauréat en France inclut souvent des exercices cartographiques où l’élève doit colorier une carte avec une légende précise. Pour un daltonien, c’est un moment potentiellement stressant.
Deux approches ont bien fonctionné pour moi :
Informer le correcteur : une note en bas de copie indiquant le daltonisme permet au correcteur de ne pas pénaliser une association de couleurs imprécise. C’est légitime et généralement accepté.
Travailler avec cohérence : légender d’abord chaque élément à colorier, puis utiliser systématiquement le même crayon pour le même élément — en le pointant avec l’application pour vérifier. La correspondance légende-carte reste correcte même si les teintes ne sont pas exactement celles attendues.
Ces adaptations sont simples, peu coûteuses, et ne nécessitent aucune aide extérieure une fois mises en place. L’objectif n’est pas de masquer le daltonisme, mais de travailler avec les mêmes outils que tout le monde — simplement étiquetés différemment.